Résidences

Ze Jam Afane

Création : PALABRE
En résidence au Cap du 14 octobre 2013 au 30 avril 2014

Cette première résidence portée par le festival africolor et Le Cap a pour vocation à être d’abord une résidence de création. Elle s’accompagnera d’un travail d’actions vers les publics et a pour finalité d’être diffusée dans un premier temps dans le cadre du festival Africolor. Elle est soutenue par le Conseil Régional d’Ile de France, le CNV, et la DRAC Ile de France au titre de la politique de la Ville.

Avec
Ze Jam AFANE : voix
Moriba KOITA : N’goni
Daniel ERDMAN : saxophone
Boubacar DEMBELE : Percussion

Présentation du Cap :
Le CAP est le lieu de toutes les musiques et de toutes les cultures où l’énergie du rock croise l’improvisation du jazz, le son de l’électro et le voyage de la tradition.
Implanté au cœur du quartier de la Rose Des vents à Aulnay-Sous-Bois, Le CAP est un équipement de qualité pour la musique et les musiciens qui comprend trois studios de répétitions, un centre de ressource, une salle de diffusion d’une capacité de 360 places.
Tout au long de la saison, le CAP propose une cinquantaine de concerts, des ateliers de pratique musicale, des résidences, des rencontres thématiques et de nombreuses actions culturelles en pariant sur la qualité, la découverte, la liberté des artistes, le mélange et le télescopage des genres – et des gens – au-delà des frontières, brassant les esthétiques et favorisant la circulation de la musique.
Découvrir, rencontrer, créer, écouter, pratiquer, repérer, s’informer : les missions du Cap s’adressent à tous les publics, scolaires, petits et grands, mélomanes, musiciens amateurs ou professionnels pour le plaisir d’être spectateur et celui de devenir musicien. Le CAP porte une attention toute particulière à la sensibilisation du public et à la formation des amateurs via le centre de ressource et les ensembles de pratique instrumentale de tous les niveaux.
Le CAP croise l’exigence artistique de la programmation avec la formation des publics, et expérimente les nouveaux courants, styles ou encore modes de diffusion et de transmission des musiques en général.
Le CAP est soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication via la DRAC Ile de France, au titre de Lieu musiques actuelles.
Depuis son ouverture en 2001, le Cap est partenaire du festival africolor. Tout au long de ces nombreuse saisons de véritables liens artistiques se sont tissés autour des concerts, des créations (Titi Robin et Danyel Waro en 2008 / Sya : François Merville et Moussa Héma en 2009). Le projet de « Palabre » s’inscrit dans ce partenariat et cette complicité artistique.

« En cette veillée de la palabre,
N’ayant aucune certitude,
Quand à ce qui nous attend
Au bout de la nuit,
Qui règne sur toute choses,
Notre seul divertissement,
Est d’épiloguer en cette palabre,
Où chacun donne son avis,
Personne n’ayant vraiment tord,
Personne n’ayant tout à fait raison »
« Quand deux arbres se tiennent
Côte à cote,
Ils se frottent de temps à autre. »
Selon la danse des vents,
N’empêche qu’après les caprices du temps,
Ils se transmettent à nouveau,
Des singes, des écureuils, des libellules
Et des papillons…
Le conflit comme la palabre,
Sont dans l’ordre naturel et humain des choses,
La conciliation est la fin de toute palabre,
Et la guerre une aberration insensée.

En cette veillée de la palabre,
Où en sommes nous de nos ralliements?
La complainte de notre humble condition,
A t-elle fini d’élever son chant fraternel ?
Avons nous perdu la mesure de nous même tel qu’en nous même?
Avons nous perdu pied?En cette veillée de la palabre,
Le verbe interroge le chant qui l’a précédé,
Le chant maternel qui l’a mis au monde,
Nos conversations en empruntant
Le chemin des mémoires,
Se font la « leçon du passé qui éclaire l’avenir »,
Afin que d’un bout à l’autre du chemin,
On se raconte et se chante les uns les autres,
Les refrains de cette randonnée épique.

Nous imaginons en cette palabre dire en musique,
Ce que nous avons
De blessures,
De conflits,
D’obstacles,
De rêves,
De colères,
De joies…
D’humain en commun,
Pour entonner,
Un chant du ralliement,
Remis au goût du jour,
Respirant l’air du temps,
Guettant par tous les angles morts .

Nous évoquerons la belle histoire,
Du chant du ralliement,
Chant des jeunesses africaines à celles du monde,
Chant de résistance,
De travail et d’espoir,
Qui au bout de la nuit,
A mis au monde l’hymne d’une nation africaine.
Afin que la belle histoire,
Soit transmise de génération en génération,
Afin que la chanson d’hier,
Soit comprise aujourd’hui.
Et qu’elle continue d’essaimer,
De nouvelles inspirations,
De nouveaux ralliements,
Pour que les « partants »,
S’accordent aux « arrivants »,
Et refassent la vie,
Continue d’entretenir,
Le rêve d’une grande nation africaine,
Au concert des nations du monde.

Cette palabre en musique,
Prendra la forme d’un conte randonnée,
Fait de toutes sortes d’histoires,
De refrains et de poèmes,
Pour que la palabre par ses différents avis,
Continue de jouer son rôle premier,
Celui d’éclaireur de conscience.

LE PROJET ARTISTIQUE

Ze Jam Afane est d’origine camerounaise et son père était un des hauts responsables des palabres dans son village. Grâce à cela, Ze Jam a pu enregistrer une palabre tout en se disposant très tôt à des études de droit. Ze est donc au cœur de la double culture du roi et de la justice, de deux façons d’exercer (à peu près) la fonction démocratique. En effet, par la palabre, un groupe humain se saisit d’une question et s’organise afin que cette question ne devienne pas un conflit irréversible. Loin de s’en remettre à une simple justice transcendante, le groupe organise la mise en scène des parties prenantes et trouve le chemin vers la réconciliation entre les parties. Cette immanence de la justice par le processus d’auto détermination du groupe est un des fondements de la palabre. Loin d’être un simple procès ou exercice « proto-démocratique » comme on peut le lire chez certains juristes néo-coloniaux, la palabre est un processus politique, judiciaire et artistique, à des moments précis, les chants et les musiques interviennent pour scander le rythme propre de la cérémonie. De la même façon, chaque orateur doit faire preuve d’une maitrise de l’art oratoire, des mythes, des paraboles pour emporter le respect de l’assistance; la palabre est donc aussi un objet poétique.

Ze Jam n’entend pas simplement recréer « une palabre » dans une sorte de restitution anthropologique mais se servira de cette base historique pour continuer son chemin à la lisière du politique et du poétique. Déjà entrevu lors de la trilogie des Mécaniques Frivoles, le style de Ze est empreint à la fois d’ironie mordante, de maitrise de l’art du conte et du rythme de la transe, tout cela fondé sur une solide connaissance des enjeux politiques et historiques de notre rapport à l’afrique. Entre deux continents, Ze porte un regard acéré sur chacun des systèmes sociaux grâce à la distance du conteur. Loin de choisir entre ailleurs et ici, il pointe les contradictions françaises comme les errances des indépendances. C’est pourquoi la structure polyphonique et polyrythmique de la palabre lui servira de prétexte pour une création qui examinera (tel un cas dans un procès ou une palabre) l’histoire des relations franco-africaines. Ze écrira une palabre comme on écrit un conte à plusieurs voix, qui se répondent, s’opposent et de réconcilient (peut-être).

LES ARTISTES

Ze Jam Afane
Fasciné par les arrivants et les partants, le conteur se tient souvent aux deux portes du monde. Celle d’entrée et celle de sortie.
Le conte est alors le chant épique de notre histoire commune, il nous signifie la permanence de notre condition d’Homme et diffuse en toute chose le mystère originel du poème, qui nourrit notre inquiétude et notre questionnement.
Ze Jam Afane est le conteur qui nous vient du Cameroun. C’est un guetteur d’inaperçus, qui attrape les mots de ses histoires à la bouche foisonnante des diseurs et diseuses de vérité, les témoins de nos expériences communes. C’est aussi un traducteur qui connait l’alphabet sonore de la forêt équatoriale et la langue des arbres qui parlent au vent.
Ze Jam Afane a d’abord été juriste puis étudiant en philosophie politique. C’est-à-dire qu’il n’est pas venu à la poésie par hasard, mais bien en connaissance de cause : son travail est d’abord une poésie du sens. En effet, c’est dans l’inquiétude philosophique des contes Bulu (Sud Cameroun) autant que dans une foi lumineuse en l’Homme qu’il trouve son inspiration, cultivant la mémoire de grands Hommes que l’Histoire a remisés dans l’ombre. Ses paroles trouvent un écho auprès des musiciens de jazz, notamment Vincent Courtois (violoncelle), avec lequel il a réalisé deux albums : Les Contes de Rose Manivelle (2004) et L’Homme-avion (2007), et Daniel Erdmann (saxophone), sur le disque Bulu-Fulassi (2010). »

Boubacar Dembélé
Boubacar Dembelé est un musicien percussionniste multi-instrumentiste. Il maîtrise le tama (son premier instrument), les cloches, la calebasse, le doun-doun, le balafon… mais sapréférence va au djembé, qui est l’instrument qu’il a le plus travaillé et qui lui permet au mieux de s’exprimer. Fils de griot, Boubacar Dembélé est né à Bamako, au sein d’une famille appartenant à l’ethnie Bobo, une communauté dont les membres sont souvent agriculteurs ou forgerons. Son statut de musicien griot, il en a hérité par filiation et il a choisi d’orienter sa vie dans le plus profond respect de la tradition. Ce choix n’est pas étonnant car très jeune il tombe dans le chaudron de la musique et de la percussion : sa mère, chanteuse et danseuse, joue du doun-doun et son père musicien balafoniste, natif de Ouan (région de Mopti), l’initie très tôt au métier de musicien et au rôle de médiateur. Dès l’âge de six ans, il l’accompagne dans les cérémonies, mariages, baptêmes, jusqu’à des heures très tardives pour qu’il s’imprègne bien de son destin lié à la pratique et à l’enseignement des percussions. Il commence sa pratique instrumentale par le bara, puis s’initie au doun-doun, au tama…
Il commence sa carrière artistique au Mali, laquelle sur la transmission de son savoir à de nombreux apprentis, européens comme maliens; l’accompagnement de spectacles : il intègre la troupe officielle Babemba, en tant que percussionniste au djembé et danseur et accompagne aux percussions la troupe de danse africaine et contemporaine Mandé Kélébé Kélébé. Surtout, il se produit auprès de musiciens prestigieux : Loby Traoré et la chanteuse Salimata Sidibé. En 1999, il rencontre le duo Amadou et Mariam avec lequel il part régulièrement en tournée à travers le monde : Mali, bien sûr, mais aussi Etats-Unis, Afrique du Sud, Suisse, Allemagne, Hongrie… En 2001, ils enregistrent l’album Waati. En mars 2003, il rejoint le groupe du musicien sénégalais Chérif Mbaw pour l’enregistrement de l’album Demain, et en décembre, ils se produisent aux Transmusicales de Rennes. La même année, il participe au festival Souffles de rythmes, dans le Var, à la fois en tant qu’intervenant pédagogique auprès de jeunes collégiens mais aussi en tant qu’interprète. C’est ainsi qu’il fait la connaissance du saxophoniste Doudou Gouiran, et de ses musiciens, le joueur de kora Ali Boulo Santo ou la chanteuse Hadja Kouyaté. C’est surtout l’occasion de travailler, lors d’une résidence de création, avec le musicien Jo Kaïat, pianiste originellement de jazz, mais ayant saupoudré sa pratique d’influences multiples, de l’Inde au Mali, en passant par le Maroc. Sensibles à sa faculté d’adaptation et à sa maîtrise des percussions, Manu Chao, Mathieu Chédid, Rachid Taha ou encore Ba Cissoko lui demandent de les accompagner en concerts.
Au cours de sa dernière tournée mondiale de plus deux ans aux côté du couple Amadou et Mariam (album Les beaux dimanches), il fait de belles rencontres lui permettant de mûrir son projet musical personnel qu’il concrétise, en janvier 2007, avec la fondation du groupe « Bobo Foli ».

Moriba Koita
Descendant d’une grande famille de griots maliens originaires de la région de Koulikoro (55 km de Bamako), Moriba Koïta pratique la musique depuis l’âge de 4 ans. Joueur de n’goni (guitare à 4 cordes), il est sélectionné par le Ministère des Arts et Cultures pour intégrer l’ensemble instrumental du Mali. Il y reste 12 ans. Il accompagne alors toutes les grandes vedettes du Mali (Salif Keita , Kasse Mady Diabate, Amy Koita, Awa Drame…). Moriba Koïta vit à Paris depuis 1993 et a fondé le grand ensemble « Mandé Foli », puis le groupe traditionnel « Sorotoumou ». Il a également travaillé et enregistré avec Manu Dibango, Mory Kanté, Nayanka Bell, Sekouba Bambino Diabate, Hank Jones et Cheick Tidiane Seck. Moriba Koïta sait magnifiquement reproduire les inflexions de la voix humaine lorsqu’il joue de cette guitare maure et peuhle (…). De murmures malicieux en rêveries romantiques, de volubiles emballements en véhéments galops, ces luxuriances d’un autre âge nous transportent ».

Daniel Erdmann
Né en 1973 à Wolfsburg, en Allemagne, il débute le saxophone à l’âge de dix ans avant de poursuivre de 1994 à 1999 des études musicales au conservatoire Hanns Eisler de Berlin. En 2001, il obtient une bourse du Haut-Conseil Culturel Franco-Allemand pour s’installer à Paris. Dès lors, il se partage entre la France et l’Allemagne.
Depuis 1994, Daniel Erdmann a donné des concerts dans toute l’Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Canada. Sa route a croisé celle de nombreux musiciens, dont : Aki Takase, Yves Robert, Ed Schuller, John Schröder, Conny Bauer, Herb Robertson, John Betsch, Rudi Mahall, Linda Sharock, Peter Kowald, Joachim Kühn, Louis Sclavis, Vincent Courtois et bien d´autres.
Actuellement il travaille avec les groupes DAS KAPITAL (avec Hasse Poulsen et Edward Perraud), le Erdmann-Rohrer Quartet (avec Vincent Courtois, Frank Möbus et Samuel Rohrer), Edouard Bineau Wared, Patchwork Dreamer, en Duo avec Carsten Daerr, André Ze Jam Afane, Christophe Marguet, Vincent Courtois Trio « the mediums », Johannes Fink Quartet with Joachim Kühn. Avec Das Kapital il a reçu le « Jahrespreis der deutschen Schallplattenkritik 2011 »

Simon Winse

Simon Winse est à la fois musicien multi-instrumentiste, compositeur et chanteur (Kora, N’Goni, Arc à bouche, Flûte Peul). Son univers musical se nourrit de jazz fusion, du blues et de la musique traditionnelle du pays San au nord-ouest du Burkina Faso à la frontière du Mali, dont il est originaire.
C’est au sein de son village natal que Simon Winse, enfant, apprendra à jouer de l’arc à bouche : un instrument mythique aux vibrations envoutantes. Adolescent, il s’installe à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, où il se spécialise dans la flûte Peul et le N’Goni. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands flutistes peul. En 2000, le public découvre Simon aux côtés de son frère Tim Winsé, célèbre instrumentiste qui a marqué les créations des compagnies de danse contemporaine : Salia ni Seydou et Kongo Bateria. Simon accompagnera Tim Winsé lors de nombreuses tournées en Afrique et en Europe au sein de son groupe le Wassamana de 2004 à 2006.

En 2007, Simon se lance dans une carrière solo et fonde avec des musiciens français, son groupe Simpaflute : une fusion des rythmes traditionnels du pays San et du Jazz. Par ailleurs, il joue avec de nombreux groupes musicaux, du Burkina et d’ailleurs (Rido Bayonne, Patrick Ruffino pour le grand prix RFI, Dumba Kultur, les chanteurs français Renaud, Raphael…) mais aussi avec des compagnies de danse contemporaine (Irène Tassembedo, cie Ba, cie Garage, Serge Aimé Coulibaly et le Faso Danse Théâtre …) de théâtre : « Madame je vous aime » d’Etienne Minoungo, « Pièce d’identité » de Mathieu Mortainer. Il a accompagné pendant plusieurs années le conteur Burkinabé KPG et remporte avec lui la Médaille d’argent au grand prix de la Francophonie en nov 2009 à Beyrouth.

En Nov. 2011, il joue au festival « Rencontres Afrique-Asie » au sein du trio Jazz composé du guitariste Solorazaf et de la pianiste Japonaise Ryoko Nuruki (Espace Fraternité d’Aubervilliers/ Espace Barbara Goutte d’Or). Il participe également à la composition de musique de films Burkinabé : « Mamio » et participe à l’enregistrement studio comme flutiste pour de nombreux artistes dont Victor Démé,…

Son projet artistique est en gestation depuis 2004 mais il prendra forme cette année grâce à une résidence africolor au Bourget. En effet, celui-ci repose sur une conception particulière de la musique qu’il n’a jamais pu mettre totalement en œuvre, faute de moyens humains, techniques et financiers. La musique est pour Simon un corps organique vivant, dont les membres sont les instrumentistes et chanteurs, ce qui suppose une circulation et une compréhension mutuelle des enjeux de chaque morceau du répertoire.
Simon Winse a trop souvent été confronté à de simples accompagnateurs qui ne rentraient pas dans le corps des morceaux, or cet engagement est essentiel à la vie de sa musique car il conditionne la forme et la matière de ses morceaux qui, sur des bases solides, sont évolutifs car organisés autour de séquences rythmiques en relation avec les états de chacun. Dès lors, au-delà des échanges musicaux féconds avec Clément Janinet (violoniste venu du CNSM et membre du collectif COAX), Simon recherche une vie scénique au sein de laquelle chacun est membre d’un tout et non simple instrumentiste. Cela fait écho à sa conception du texte: «chez moi on ne chante pas pour chanter, si on n’a rien à dire, on se tait».
La fonction de l’artiste musicien, en plus du griot, est de dire, de faire apparaitre, de rendre transparente, la société et ses travers : ceux des inégalités hommes/femmes, ceux des méthodes pédagogiques archaïques des écoles du Burkina, pour ne citer que ces deux thèmes chers à Simon. La fonction du chanteur comme veilleur social, comme dénonciateur des maux, ne peut reposer que sur une construction musicale et scénique qui laisse toute la place à la parole tout en colorant chaque morceau selon le sens des textes. Voilà pourquoi cela exige une attention particulière des musiciens; la musique africaine n’est pas rythmique et sans harmonies, elle repose sur des subtilités de couleurs qu’un nuancier ne saurait résumer. Il aurait été facile de rester entouré de musiciens burkinabés pour s’en tenir à une musique traditionnelle mais Simon Winse n’a pas voulu céder à cette facilité. C’est pour cela qu’il s’entourera de musiciens venus d’autres horizons, relevant le défi d’une compréhension mutuelle au-delà des différents langages musicaux. Cependant, ces musiciens, comme Jon Grancamp ou Clément Janinet, ne viennent pas de n’importe où. Ils sont rompus au dialogue avec les formes musicales africaines. Dialogue où chacun apporte ce qu’il est sans fascination mal placée pour la culture de l’autre.