| Dès les années 60, les musiques traditionnelles africaines ont marqué l’écriture de grands compositeurs occidentaux comme György Ligeti ou Steve Reich. Formes répétitives, figures à cinq temps, musiques de transe, polyphonies et polyrythmies, nouvelles tonalités, continuent d’inspirer les musiques occidentales «savantes». Dédié aux musiques du 20ème et du 21ème siècle, le Quatuor à cordes Béla explore à son tour la créativité foisonnante du continent noir. Au programme : une rencontre avec Moriba Koïta, le griot malien qui glissera son n’goni au milieu des violons et l’interprétation de « White Man Sleeps », l’oeuvre qui rendit célèbre en 1982 le compositeur Sud Africain Kevin Volans. En plein apartheid, ce dernier recherchait une conciliation entre les esthétiques africaines et européennes. Enfin, quelques tableaux d’une Afrique imaginée par Frédéric Aurier, ses « Impressions d’Afrique ». Le Quatuor Béla : Frédéric Aurier et Julien Dieudegard violons Julian Boutin alto Luc Dedreuil violoncelle Moriba Koïta n’goni
Kévin Volans, à propos de White Man Sleeps : « On ne peut pas créer une société multiculturelle sans une grande part d’emprunt, de prêt et de partage. » « (…) En introduisant certains aspects strictement non-occidentaux de la musique africaine dans le répertoire européen je souhaitais mettre en place doucement une colonisation de l'Afrique de l'Ouest sur la musique occidentale, préserver certaines de ses qualités uniques, bien que sous une forme nouvelle. C'était un peu comme l’introduction d'un virus informatique africain dans le coeur de la musique contemporaine Occidentale. Ainsi, je me suis concentré sur la nature non hiérarchique de la musique traditionnelle africaine, l'imbrication des techniques, les rythmes changeant, l’harmonie souvent non fonctionnelle, les formes ouvertes, les tempi très rapides de certaines musiques, les formes répétitives non développées, les contrastes et les motifs irréguliers, les couleurs tonales, l'énergie et la joie (si absents de la musique occidentale des années 70 et 80). (…)”
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